Voltaire l’a dit : « faire une faute de politesse, c’est faire une faute de français ». Si l’on ne peut reprocher au président Sarkozy sa politesse, on peut au moins lui reprocher l’absence de tact et un défaut culturel caractéristique. En effet, lors de sa conférence de presse du 8 janvier 2008, un journaliste connu et reconnu : M Joffrin s’est fait publiquement rabrouer par le mépris du président. A la question : ne mettez vous pas en place une monarchie élective, le président adopte un ton méprisant pour répondre à la question d’un homme, certes journaliste dont les horizons politiques ne sont peut être pas les mêmes que les siens, mais un citoyen avant tout. Imaginez qu’il vous ait humilié de la sorte ? L’auriez vous accepté, devant des caméras de télévision, devant une foule de journalistes internationaux ? Pouvons nous laisser passer cela ? Le président représente tous les français, y compris ceux qui n’ont pas voté pour lui. Heureusement M Joffrin a eu sa revanche. Dans son désir d’humiliation, M Sarkozy, peut être emporté par l’ivresse que lui a procuré la complicité des journalistes qui ont ris, s’est tout simplement ridiculisé publiquement. Il commet en effet dans sa réponse une erreur grossière car il définit la monarchie comme l’hérédité. Or n’importe quel collégien le sait, le mono archê, c’est le pouvoir d’un seul, la monarchie peut se concevoir sans l’hérédité. Ainsi le souverain du saint empire romain germanique est élu par les princes et il en va de même pour la monarchie Polonaise.
Ce manque de rigueur qui montre l’ignorance du président sur des points pourtant essentiels de l’histoire de France et de l’Europe ne peut faire que mauvaise presse dans ce contexte où il s’affirme justement le sauveur de l’Europe. D’autre part, le rapide amalgame entre monarchie et hérédité est le signe que cette personnalité peut être dangereuse. En effet cela montre un homme irréfléchi, manquant de rationalité agissant à l’instinct et aux préjugés or cet homme dispose d’un pouvoir immense qu’il est inutile de rappeler ici. Souvenons nous simplement que ce président prend lui-même des mesures dans des domaines très variés sans presque aucune concertation avec ses ministres (peut être plus qualifiés que lui), or nous venons de découvrir qu’il n’a pas une excellente maîtrise dans au moins un domaine : celui de la rigueur intellectuelle. Nous savons que Sarkozy se gouverne tout seul, sans opposition, sans compromis, sans discussion, sans connaissance et ne disposant pas d’outils lui permettant de réfléchir, ou tout au moins, sans en faire usage. Il est plaisant de rappeler l’un des principes de Montesquieu et de sa séparation des pouvoirs : par les compromis, les excès sont corrigés, ce qui ne semble pas s’appliquer pour cette présidence. Cela ressemble fort au commandant d’un navire qui gouverne sans ses instruments, sauf qu’ici le navire n’est pas une chaloupe, mais le paquebot France.
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